Paris, le 28 Novembre 2007 Lettre ouverte à Guy Cousineau, Président de l'Université Paris 7 Denis-Diderot Monsieur le Président, Plusieurs enseignants et chercheurs de l'Université Paris 7 se sont par le passé exprimés contre le vote par voie électronique, arguant que dans l'état actuel de nos connaissances, il ne permet pas de respecter plusieurs des règles élémentaires de la démocratie. Cependant, dans votre communiqué du 21 Novembre 2007, vous avez annoncé avoir « décidé de permettre à l'ensemble des étudiants de s'exprimer démocratiquement par un vote sur cette situation ». Ce vote a eu lieu par voie électronique du 22 au 26 Novembre 2007. Un certain nombre d'irrégularités ont entaché la tenue de ce vote. Ainsi, le vote a été annoncé juste avant qu'il ait lieu, ce qui n'a pas laissé le temps à un débat d'avoir lieu. Le fichier des électeurs provient du détournement d'un autre fichier, sans déclaration préalable à la CNIL (ce dont la CNIL a confirmé l'illégalité dans son communiqué du 27 Novembre 2007). Aucun contrôle indépendant du bon déroulement du scrutin n'a eu lieu. Enfin, ce qui est peut-être plus grave, les résultats partiels du scrutin ont été dévoilés dans votre communiqué du 22 Novembre 2007, et les résultats complets ont été publiés sans indication du taux d'abstention. C'est sans grande surprise que nous constatons que plusieurs de ces irrégularités sont liées à la nature électronique du vote. Lors d'un scrutin sur papier, la tentation d'ouvrir les urnes pour faire un compte partiel n'existe pas. Lors d'un scrutin sur papier, un contrôle indépendant est exercé automatiquement par les personnels opérant les urnes et effectuant le comptage. Lors d'un scrutin sur papier, le délai nécessaire pour mettre le scrutin en place garantit le délai nécessaire pour mettre en place un débat. Nous tenons à mentionner que nous ne pensons pas qu'une fraude délibérée sur les résultats ait eu lieu. Nous ne pouvons cependant accepter qu'un vote se déroule dans les conditions décrites ci-dessus. Nous vous demandons donc, Monsieur le Président, de publier un communiqué qui indique clairement : - que la consultation du 22 Novembre 2007 n'est pas un vote, même pas un sondage, et est donc considérée comme n'ayant pas eu lieu ; et - qu'une consultation étudiante ne peut se faire que par des moyens validés par l'expérience dans des conditions elles-mêmes validées, et en particulier que le vote électronique n'est pas, en l'état actuel de nos connaissances, une méthode acceptable de consultation des étudiants. Les sous-signés, Alberto Burroni, ancien Pr. Thierry Cachat, MdC Informatique Pierre Charbit, MdC Informatique Juliusz Chroboczek, MdC Informatique Thomas Colcombet, CR CNRS Michel Habib, Pr. Informatique Jean-Louis Krivine, Pr. Émérite Emmanuelle Lebhar, CR CNRS Yves Legrandgérard, IR Fabien de Montgolfier, MdC Informatique Michel Parigot, CR CNRS Matthieu Raffinot, CR CNRS Paul Rozière, MdC Mathématiques